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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 15:02

 

Les sociétés coloniales à l’âge des empires :

Afrique, Antilles, Asie (1850-1950)

 

 

présentation du sujet

 

Le programme invite à étudier l’histoire des sociétés qui se forment, se transforment et se défont dans les colonies d’Afrique, d’Asie et des Antilles entre 1850 et la fin des années 1950. Ces sociétés sont envisagées dans le cadre des territoires sous domination coloniale, à l’exclusion de la métropole, donc à l’échelle coloniale et non impériale.

Ces sociétés peuvent être caractérisées en première approche comme des sociétés clivées, duales et hiérarchisées. Le partage entre “colonisateurs” et “colonisés”, imposé par la domination coloniale, en constitue l’élément structurant le plus apparent. Cependant, aucun des deux groupes n’étant homogène, ils ne peuvent être envisagés comme des entités fermées : on distingue, du côté des “colonisateurs”, les militaires, les administrateurs civils, les missionnaires et les colons et, du côté des “colonisés”, les autorités traditionnelles, de nouvelles élites, des “subalternes” de toute sorte et des groupes émergents, comme les ouvriers salariés. Cette diversité interne a des effets sur les barrières entre les groupes : la hiérarchie peut être battue en brèche et le clivage transgressé par des parcours individuels. La tension provoquée par le rapport de domination n’exclut donc pas les interactions et fait émerger des groupes d’intermédiaires. Elle constitue la toile de fond, le contexte où se tissent des échanges inégaux. Comprendre les sociétés coloniales exige ainsi de tenir ensemble ce qui relève de la domination et ce qui lui échappe, c’est à dire de décrire les effets d’une domination souvent brutale, sans préjuger de sa toute-puissance ou de sa capacité à s’appliquer partout. L’intitulé du sujet suggère d’adopter une approche sociale au sens large, qui fasse toute leur place aux dimensions culturelle, économique et politique des sociétés.

La notion de société coloniale est l’objet de débats au sein d’une historiographie en plein renouvellement. On peut relever trois grandes orientations dans la production foisonnante des “études coloniales” depuis les années 1980 et surtout 1990 : une histoire sociale qui, dans la lignée des Subaltern Studies, s’attache au point de vue des acteurs les plus modestes des sociétés coloniales et met en évidence les limites de la domination qu’ils subissent en montrant leur capacité à agir de façon autonome (leur agency) ; une histoire culturelle fondée sur les apports critiques des Postcolonial Studies, plutôt portée sur l’analyse et la “déconstruction” des discours coloniaux et des critères discriminants qu’ils mobilisent (race, genre, culture) ; enfin, une histoire à la fois sociale et culturelle qui réactive la notion de “situation coloniale”, forgée par le sociologue et anthropologue français Georges Balandier en 1951, pour s’interroger sur la nature des sociétés coloniales, entre dualisme et pluralisme, hétérogénéité et hybridité.

 

 

Bibliographie sommaire

 

 

Outil de travail :

Jean-François KLEIN, Pierre SINGARAVÉLOU et Marie-Albane DE SUREMAIN (dir.), Atlas des empires coloniaux (XIXe – XXe siècles), Paris, Autrement, 2012.

 

Manuels :

François DUMASY, Odile GOERG et Xavier HUETZ de LEMPS, Les sociétés coloniales à l’âge des empires, Paris, Bréal, 2012, 196 p. : une bonne synthèse pour commencer.

Dominique BARJOT et Jacques FRÉMEAUX (dir.), Les sociétés coloniales à l’âge des empires, Afrique, Antilles, Asie (années 1850-années 1950), Paris, Cned-Sedes/A. Colin, 2012 : utile surtout pour les chapitres de la première partie, qui présentent des territoires précis.

Isabelle SURUN (dir.), Les sociétés coloniales à l’âge des empires, Afrique, Antilles, Asie (années 1850-années 1950), Paris, Atlande, 2012 : entièrement thématique.

Pierre SINGARAVELOU (dir.), Les Empires coloniaux (XIXe-XXe siècle), Points Seuil, 2013 : une synthèse des apports historiographiques les plus récents. Permet d’approfondir les problématiques. Dépasse les limites chronologiques et géographiques de la question au programme.

 

Quelques ouvrages littéraires (mémoires, autobiographies, romans) : pour entrer dans la question sans y penser

Karen BLIXEN, La Ferme africaine, [1937] (diverses éditions) et Lettres d’Afrique, 1914-1931 (paru en folio).

Amadou HAMPÂTE BÂ, Oui mon Commandant !, Babel, 1994.

Rudyard KIPLING, Simples contes des collines [Plain Tales from the Hills, 1887].

Doris LESSING, Nouvelles africaines [African Stories], Le livre de poche, 1990 [1952].

Albert MEMMI, Portrait du colonisé précédé de Portrait du colonisateur,  Paris, nombreuses éditions [1957].

MULTATULI, Max Havelaar ou les ventes de café de la compagnie commerciale des Pays-Bas, Actes-Sud, Babel, 2003 [1860].

George ORWELL, Une histoire birmane, Paris, Éditions Ivrea, 1996 [Édition originale : Burmese Days, 1934],

Ferdinand OYONO, Une vie de boy, Julliard, Pocket [1957].

 

 

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Published by agrint2
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